15 décembre 2011

ACTE 3, Scène 3

La porte d'entrée du théâtre s'ouvre et tous les personnages de la pièce entrent en une longue file menaçante. Les ordinateurs apôtres sont placés sur des chariots tirés par des anges. Lucie Fer court aussi vite qu'elle le peut vers l'échelle.
 
LUCIE FER
- Jéhovah !
 
DIEU
- Oui ! Ne me dérange pas, je n'ai pas fini.
 
LUCIE FER
- Descends vite ! Ils arrivent ! Et je te préviens, ils ne sont pas contents.
 
DIEU
- Comment, ils ne sont pas contents !
 
LUCIE FER
- Ecoute donc !
 
LES DOUZE APOTRES
- Non aux licenciements ! Non aux licenciements ! Non aux licenciements ! Non aux licenciements ! Non aux licenciements !
 
TERMINAL SAINT PIERRE
- Nous voulons des explications !
 
LES ONZE APOTRES
- Nous voulons des explications ! Nous voulons des explications ! Nous voulons des explications ! Nous voulons des explications ! Nous voulons des explications ! Nous voulons des explications !
 
Dieu apparaît.
 
DIEU
- Que se passe-t-il ? C'est la révolution ?!
 
UN APOTRE
- C'est un scandale ! Nous protestons !
 
GABRIEL
- C’est impensable ! Après toutes ces années et ces siècles de bons et loyaux services à vos côtés, comment osez-vous, nous faire licencier comme cela, avec cette brutalité et sans préavis ?
 
UN APOTRE
- Et annoncé par le Diable, en plus !
 
TERMINAL TERMINAL SAINT PIERRE
- Qu'on nous explique, au moins, pourquoi vous nous renvoyez !
 
LES ONZE APOTRES
- Oui ! Pourquoi ?!

DIEU
- Mais parce que nous n’avons plus besoin de vous, tout simplement.
 
GABRIEL
- Qui ça, nous !
 
DIEU
- Belle Zébuth, et moi.
 
MARIE
- (Furieuse) Tu as pactisé avec cette diablesse !
 
GABRIEL
- Qu'allez vous faire de nous ?
 
DIEU
- Je vais vous anéantir !
 
Long silence. Tous se regardent médusés.
 
UN APOTRE
- C'est inconcevable !
 
UN AUTRE APOTRE
- C'est inadmissible !
 
MARIE
- C’est intolérable ! (A Lucifer) Je suis sûr que tout cela est encore à cause de vous. Vous êtes d’une perversité diabolique. (A Dieu) Mais enfin, Jéhovah, tu ne vois pas que c’est elle qui t’inspire depuis le début. Elle est la cause de tous nos malheurs. (A Lucifer) Quand aurez vous fini de semer le mal ?
 
LUCIE FER
- Jamais. C’est mon métier, madame.
 
MARIE
- Mon Dieu ! Quelle horreur ! Mais, Jéhovah, c’est elle qu’il faut anéantir !
 
Dieu la regarde amusé, mais ne dit mot.
 
MARIE
- Tu ne dis rien ! Tu ne fais rien ! Alors je vais me charger moi même d’expédier ce démon au néant ! (Elle s’accroche à Lucie Fer qui se débat)
 
JESUS
- Maman !
 
 DIEU
- Tout cela n’a que trop duré. Gardes, emparez vous d’elle !
 
GABRIEL
- Enfin, vous retrouvez la raison. Gardes, en avant !
 
Gabriel et quelques anges gardiens saisissent Lucifer.
 
LUCIE FER
- Suppôts ! A moi ! Défendez votre maîtresse !
 
Des Suppôts de Satan surgissent de partout. La bataille s’engage entre les forces du mal et les forces du bien. Dieu reste immobile.
 
MARIE
- Allez! Courage ! Battez vous mes anges ! C’est l’ultime combat du bien contre la mal ! La victoire est certaine ! Dieu est avec nous !
 
DIEU
- (D’une voix tonitruante qui cloue tous les combattants sur place) Sûrement pas !
Tous les combattant s’arrêtent, médusés.
 
DIEU
- Je crains que vous n’ayez pas bien compris mon ordre. C’est Marie que je demande que l’on arrête !
 
MARIE
- Mais Jéhovah !
 
JESUS
- Papa, tu ne vas tout de même pas ...
 
DIEU
- Personne ne m’indique ce que je dois faire ! Gabriel, libérez Lucie Fer et débarrassez-moi de Marie !
 
GABRIEL
- Je refuse ! Jamais je ne ferais une chose pareille (Il saisit Lucie Fer et plaque un revolver contre sa tempe) Belle Zébuth est mon otage ! Marie ! Jésus ! Venez à moi.
 
LUCIE FER
- Jéhovah!
 
DIEU
- Mais c’est une mutinerie ! (Hors de lui) Gabriel, vous commencez à me friser les moustaches. Je vais me fâcher. Gardes emparez vous de lui ! Emparez vous de ma femme ! Emparez vous de mon fils ! Et expédiez moi tout ça au néant, immédiatement !
 
Les Suppôts de Satan se pressent vers le groupe, mais les anges gardiens hésitent.
 
GABRIEL
- N’approchez pas ou je lui fais sauter la cervelle !

DIEU
- Allez y donc, elle n’attend que ça !
 
GABRIEL
- Vous l’aurez voulu !
 
Gabriel tire, mais Lucie Fer au lieu de tomber inanimée, le regarde sans bouger avec un large sourire.

GABRIEL
- Mais...
 
DIEU
- Alors, Gabriel, vous semblez avoir oublié que le mal est éternel.
 
GABRIEL
- (Il baisse son arme) Je suis un minable.
 
Lucie Fer embrasse soudainement et furieusement Gabriel sur la bouche.
 
LUCIE FER
- Mais non, moi au contraire, je t'ai trouvé formidable. Comme tu avais l'air méchant, Gabriel, je t'adore. (Elle l'embrasse à nouveau)
 
GABRIEL
- (Il rejette violemment Lucifer) Pouah, C'est répugnant. (Il titube) Mais qu'est ce qui m'arrive. Ma tête... Ah. (Il s'écroule)
 
MARIE
- Gabriel ! Qu'avez vous ! Vous sentez-vous mal ? (Elle se penche sur Gabriel) Gabriel !
 
JESUS
- Gabriel, dites quelque chose.
 
GABRIEL
- Rhaaaa arg.
 
JESUS
- Il doit être diablement intoxiqué.
 
TERMINAL SAINT PIERRE
- Hydrogène sulfuré, monoxyde de carbone, chlorure d'hydrogène, dioxyde de soufre et méthane.
 
JESUS
- Un étouffe chrétien particulièrement efficace.
 
DIEU
- Il va dormir pendant une bonne éternité. (Aux anges gardiens) Allez, gardes, embarquez moi ces révolutionnaires !

UN ANGE GARDIEN
- Mais...
 
DIEU
- C'est un ordre ! Exécution !
 
Les anges gardiens s'emparent de Gabriel, de Marie et de Jésus.
 
JESUS
- Il a pété les plombs !
 
GABRIEL
- (Inanimé dans les bras des anges) Argeu.
 
DIEU
- Jetez-les au Néant.
 
MARIE
- Jéhovah, tu es malade !
 
Les anges exécutent les ordres. Les victimes poussent un dernier cri qui se perd dans le Néant infini.
 
DIEU
- Cette affaire étant maintenant réglée, occupons nous de vous. (Il se dirige vers les douze apôtres)
 
Les douze apôtres entourés de suppôts de Satan et d’Anges Gardiens n’osent pas bouger.
 
DIEU
- Ne tentez pas de fuir ! Vous ne pouvez rien contre ma divine toute puissance ! Où que vous alliez, je vous retrouverai, jusque dans les moindres bourrelets de l'Espace-temps. Alors, soyez gentil; les anges et les suppôts, vous me rendez vos ailes et vos auréoles, vous prenez votre bénédiction avant de partir et vous disparaissez. Mais avant, vous me ferez le plaisir de jeter toute cette ferraille de microprocesseurs catholiques à la casse. Dépêchez-vous, je suis pressé.
 
Les anges et les suppôts de Satan jettent un par un les ordinateurs au Néant.
 
TERMINAL SAINT PIERRE
(passant devant Dieu dans les bras d'un ange)
- Seigneur, je ne comprends vraiment pas ? Aurions-nous fait quelque chose de mal ?
 
DIEU
- Mais non, mon brave Saint Pierre. Vous avez été très bien. Mais voila, c'est malheureux, vous êtes dépassés, obsolètes. Alors vous ne me servez plus à rien. Buy buy. Jetez le.
 
TERMINAL SAINT PIERRE
- Mais je...
 
DIEU
- Les machines, ça ne discute pas les ordonnances divines ! Dehors !
 
Le terminal Saint Pierre est jeté au Néant.
 
UN APOTRE
- Je...
 
DIEU
- Dehors ! J'ai dit.
 
L'ordinateur est expédié promptement au Néant.
 
DIEU
- Allez pressons ! Je n'ai pas que cela à faire.
 
Lorsque tous les ordinateurs ont disparu.
 
DIEU
- Parfait. (Il se retourne vers les anges et les suppôts) Messieurs, mesdames, c'est votre tour. Les ailes et les auréoles c'est pour Lucifer. Les bénédiction, c'est moi.
 
Les Anges Gardiens et les Suppôts de Satan disparaissent laissant Dieu et Lucie Fer seuls sur scène.
 
DIEU
- Ha ! Enfin peinard !
 
LUCIE FER
- Je trouve que tu y vas un peu fort quand même.
 
DIEU
- Mais non. Tu te fais des idées. Et maintenant suis moi. Je vais t'impressionner.
 
LUCIE FER
- Là, permets moi de douter.
 
DIEU
- Hé ! Là haut ! Descendez-moi mon oeuvre et que ça saute !
 
Silence.
 
DIEU
- Alors ? Qu'attendez vous bandes d'escargots ? Le déluge ?
 
LUCIE FER
- Jéhovah, je ne voudrais pas te vexer, mais il me semble que tu as mis tout le monde à la porte.
 
DIEU
- (Il se frappe la tête) Je suis un abruti.
 
LUCIE FER
- Ce n'est pas nouveau, mais ça s'aggrave.
 
DIEU
- J'ai peut-être fait les choses un peu trop vite. Je vais devoir aller le chercher moi même.
 
Il grimpe à l'échelle et disparaît. Silence. Lucie Fer regarde tour à tour le public et le plafond. Soudain, on entend un grand fracas.
 
DIEU
- Et zut ! Ca ne passe pas. Je vais devoir faire le tour par le purgatoire.
 
LUCIE FER
- Mais qu'est-ce qu'il nous a encore bricolé ?
 
Court silence. Dieu entre par la porte des spectateurs en portant un énorme tétraèdre noir qu'il pose au milieu de la scène.

 

Posté par Lucifer31 à 21:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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